Les contre-vérités biologiques

Dr. Paul Berth[1]

Dans les lignes qui suivent, certaines contrevérités qui circulent dans les médias à propos des prétendus maléfices du CO2, seront discutées. L'angle de vue sera ici la biologie. Nous verrons que les biologistes devraient être plus souvent écoutés dans le débat.

• Le CO2 est-il un polluant?

Non, le CO2 n'est pas un polluant, il s'agit d'une contrevérité. Le CO2 est la base de la vie sur Terre! Il n'y aurait pas de vie telle que nous la connaissons sans le CO2. En effet, sur notre planète, toutes les chaînes alimentaires fonctionnent grâce aux organismes autotrophes, c'est-à-dire des organismes capables d'utiliser le CO2 atmosphérique (ou celui dissous dans l'eau des rivières et océans) comme source principale de carbone. Cette assimilation du CO2 est possible grâce à l'énergie reçue du soleil et se fait par la photosynthèse. La lecture de n'importe quel livre de biologie vous le confirmera. Les organismes autotrophes sont essentiellement des Plantes (Chlorophycées, Bryophytes, plantes vasculaires), des Chromistes (Diatomées) et des Bactéries (Cyanobactéries). Le CO2 fixé par photosynthèse s'appelle la production primaire. L'ensemble de la production primaire sur les terres émergées s'élève à 123 ± 8 Gt de C par an[2] (Gt = gigatonnes). Il s'agit de la GPP terrestre (de l'anglais "Gross Primary Production"). Les océans fixent quant à eux ± 80 Gt de C par an.[3] Sans le Soleil et sans CO2 atmosphérique, il n'y aurait aucune production primaire autotrophe sur Terre et la vie ne serait pas possible. A chaque instant, des milliards d'organismes à la surface des océans et sur les continents fixent du CO2 pour fabriquer de la matière organique, matière organique qui sera ensuite ingérée par des animaux végétariens eux-mêmes consommés par des prédateurs dont l'homme. Au total, environ 203 Gt de carbone sont donc fixés chaque année par les végétaux, essentiellement sous forme de bois, d'algues et de diatomées, avec une marge d'erreur dépassant les 8 Gt de carbone. Il est très difficile de traduire tout cela en énergie (par exemple en tep[4]) car tous les végétaux sont différents (certains sont riches en lignine, d'autres en cellulose, certains sont riches en lipides, d'autres en protéines). Mais comme l'homme produit ± 9 Gt de carbone par an (i.e., un chiffre proche de la marge d'erreur de la GPP terrestre) nous pouvons conclure qu'il lui faut au moins 4.4% du carbone pouvant être fixé chaque année.

Le CO2 n'est donc pas un polluant, c'est la brique élémentaire de tous les organismes vivants dont l'homme. A votre mort sachez, cher lecteur, que vous vous décomposerez en CO2 et que les atomes de carbone de votre corps seront ingérés par des milliards de cellules végétales. Il est donc stupide de dire que le CO2 est un polluant.

Certaines personnes penseront que le CO2 est toxique aujourd'hui, parce que l'on excède une certaine concentration. Il est incontestable que la concentration en CO2 de l'atmosphère est en train d'augmenter : depuis le début des mesures directes par spectrométrie infrarouge en 1959, les valeurs sont passées de 320 ppmv à ± 405 ppmv de CO2 en 2017 (donc, 0.04% aujourd'hui). Que l'homme soit en partie responsable de cette augmentation, comme le suggèrent les mesures des rapports isotopiques (le d13C), ou qu'il ne le soit pas, la valeur de 405 ppmv n'est pas très élevée par rapport aux valeurs observées dans le passé. Par exemple, au Paléozoïque inférieur, entre 541 et 419 millions d'années, des modèles suggèrent que la teneur en CO2 de l'atmosphère était de 20 fois la teneur actuelle.[5] Rappelons qu'au Paléozoïque la vie a explosé et que tous les groupes d'animaux connus actuellement sont apparus (éponges, cnidaires, échinodermes, vertébrés, etc.). Si le CO2 était toxique l'explosion cambrienne n'aurait peut-être pas eu lieu. Pour ceux qui voudraient des exemples plus récents et indépendants de modèles notons que des mesures directes de CO2 atmosphérique effectuées en 1822 par titrimétrie ont relevé des valeurs atteignant 450 ppmv.[6] Ces valeurs élevées ont elles provoqué des catastrophes humaines ou écologiques? Non, bien évidemment. En 1822 Champollion déchiffrait les hiéroglyphes... Malheureusement les rapports du GIEC ne considèrent pas ces anciennes mesures effectuées par titrimétrie. Elles ont pourtant une précision de 3%, ont été effectuées par des scientifiques expérimentés dont deux prix Nobel, et la méthode a été confirmée par comparaison avec la méthode de spectrométrie infrarouge à la fin des années cinquante (Beck 2007, Jaworowski 2007).[7]

Pour terminer ce point concernant la toxicité du CO2, rappelons que le CO2 n'a aucun effet détectable sur l'homme jusqu'à une concentration atmosphérique de 5% ou le phénomène d'hypercapnie (essoufflement) apparaît.[8] Nous en sommes encore bien loin avec l'atmosphère actuelle à 0.04%.

• Le verdissement de la planète.

Comme nous venons de le voir, la concentration en CO2 de l'atmosphère est passée de 320 ppmv en 1959 à ± 405 ppmv en 2017. Puisque le CO2 constitue la nourriture des plantes n'observerions-nous pas un accroissement de la couverture végétale? La réponse est oui! Un verdissement de la planète est observé. En effet, dans un article paru dans Nature en 2016, des chercheurs chinois démontrent un verdissement récent de la planète.[9] En utilisant trois séries de données satellitaires les chercheurs montrent que l'indice de surface foliaire de la planète (LAI, Leaf Area Index) a augmenté significativement entre 1982 et 2009. Le LAI est une grandeur sans dimension qui exprime la surface foliaire d’un arbre, d’un peuplement, d’un écosystème ou d’un biome par unité de surface de sol. Il est déterminé par le calcul de l'intégralité des surfaces des feuilles de la plante sur la surface de sol que couvre cette plante. Si le LAI d'un arbre augmente, cela veut tout simplement dire que le nombre de feuilles de l'arbre augmente et qu'il réalise plus de photosynthèse. Les chercheurs se sont également intéressés aux causes probables de ce verdissement en utilisant 10 modèles informatiques différents. Les résultats suggèrent que l'augmentation progressive du CO2 atmosphérique explique 70% de ce verdissement. Viennent ensuite une meilleure fixation de l'azote (9%), la légère augmentation de la température globale (8%) et les changements de couverture végétale (4%).

Nous voyons donc que l'augmentation des températures globales et particulièrement du CO2 atmosphérique sont bien loin de provoquer une catastrophe écologique comme nous l'annonce régulièrement l'ensemble des médias. Il est d'ailleurs connu depuis longtemps que l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère des serres dans lesquelles les plantes sont cultivées provoque une augmentation du rendement et de la photosynthèse. Par exemple, dans une étude publiée en 1993, étude résumant des dizaines d'essais en serre, il est démontré que la croissance de 156 espèces de plantes est stimulée en moyenne de 37% lorsque la concentration en CO2 de l'air est doublée.[10] De même, dans une étude récente (Cunniff et al. 2017),[11] des chercheurs ont testé l'effet d'une atmosphère dans laquelle la concentration en CO2 était réduite à 180 ppmv ou à 270 ppmv (pour simuler l'Holocène préindustriel). Les espèces testées étaient Triticum boeoticum (une plante C3 appelée le petit épeautre), Hordeum spontaneum (C3, orge sauvage), Panicum miliaceum (C4, millet commun) et Setaria viridis (C4, la sétaire verte). Les résultats exprimés ci-dessous sous forme de graphique nous montrent une réduction significative des rendements à basse concentration en CO2.Rendement total (en grammes/plante) en fonction de la concentration en CO2 atmosphérique (en ppmv). Les étoiles indiquent les différences significatives (Cunniff et al. 2017) (11).

Nous voyons donc que si l'homme arrive un jour à faire baisser la concentration en CO2 atmosphérique il provoquera ipso facto une baisse des rendements agricoles. Dans un monde de près de 8 milliards d'êtres humains à nourrir, est-ce souhaitable ?

• L'acidification des océans : les micro-organismes sont oubliés!

Selon la théorie alarmiste et ultra-simpliste en vigueur, l'eau de mer deviendrait donc de plus en plus acide en fonction du temps car la concentration en CO2 augmente sans cesse dans l'atmosphère. Comme nous allons le voir, cette théorie est valable pour de l'eau pure ne contenant aucun micro-organisme vivant. Ce qui est loin d'être le cas pour les océans pouvant contenir un million de bactéries photosynthétiques par centimètre cube d'eau, sans compter les millions d'eucaryotes unicellulaires comme les diatomées qui vivent à la surface les océans en contact avec l'atmosphère enrichie en CO2.

Pour bien comprendre, il est nécessaire de détailler quelque-peu. En vertu de la Loi de Henry, formulée en 1803, la concentration maximale d'un gaz dans une solution en équilibre avec une atmosphère contenant ce gaz, est proportionnelle à la pression partielle de ce gaz dans l'atmosphère. Puisque la concentration en CO2 augmente actuellement dans l'atmosphère, la loi de Henry prédit qu'il y aura plus de CO2 qui se dissoudra dans les océans. Aucun problème avec cette prédiction, qui peut être vérifiée au laboratoire. La pression partielle du CO2 gazeux dans un volume d'eau (la pCO2, mesurée en micro-atmosphère) augmente s'il y a plus de CO2 dans l'atmosphère. Lorsque du CO2 gazeux se dissout dans de l'eau pure [i.e., CO2(aq)], une baisse du pH de l'eau est ensuite observée (i.e., une acidification), car de l'acide carbonique (H2CO3) se forme selon cette réaction :

CO2 (aq) + H2O ⇌ H2CO3

L'acide carbonique se dissocie immédiatement en HCO3 (bicarbonate) et H+ selon l'équation suivante :

H2CO3 ⇌ HCO3 + H+

Le bicarbonate se dissocie ensuite en carbonate et H+ :

HCO3 ⇌ CO32– + H+

Comme le pH est défini par – log [H+], lorsque [H+] augmente, le pH diminue. C'est pour cette raison que l'eau de pluie, en contact avec l'atmosphère, a un pH légèrement acide. En résumé, le CO2 provoque bien une acidification pour de l'eau pure.

C'est donc sur la base de ces équilibres chimiques simples à comprendre que la théorie de l'acidification des océans s'est développée. Cette théorie, présentée comme un fait bien établi, est largement diffusée par les médias et les groupuscules écologistes, et semble même être confirmée par certaines publications scientifiques. Ainsi selon Caldeira,[12] le pH des océans aurait changé d’environ 0,15 unité depuis 1750. Cet auteur a supposé (sans fournir aucune preuve empirique), que le pH préindustriel était de 8,25. Cependant, comme nous allons le voir, cette théorie est simpliste et la réalité est beaucoup plus complexe car de nombreux facteurs, autres que le CO2 atmosphérique, interviennent, parmi lesquels nous trouvons les organismes du phyto- et du zooplancton ainsi que les courants marins. Malheureusement, ces facteurs ne sont jamais évoqués par les écologistes alarmistes.

Il faut savoir que la pCO2 des océans varie grandement en fonction du moment de l'année et de la profondeur. Quels sont les facteurs faisant varier la pCO2 (et donc le pH) de l'eau de mer? Il y a bien entendu la pression partielle du CO2 dans l'atmosphère (liée à des causes naturelles et anthropiques), mais également la concentration totale du CO2 (aq) dissout dans l'eau de mer (certains organismes vivant dans l'eau peuvent y injecter du CO2 ou en consommer). Les volcans sous-marins peuvent aussi injecter directement du CO2 dans l'eau de mer. La température et l'alcalinité totale jouent également un rôle.

Les organismes du phytoplancton et du zooplancton, mais aussi du bactérioplancton, ont tous une grande influence sur la pCO2, l'alcalinité et le pH de l'eau de mer. Et tous ces organismes vivent en surface, dans les 200 premiers mètres des océans. Ceci n'est jamais évoqué par les médias. Par exemple, la photosynthèse effectuée par le phytoplancton consomme du CO2 (aq) ce qui tend à provoquer une augmentation du pH; la respiration de la matière organique par les bactéries et par le zooplancton génère du CO2 (aq) ce qui tend à provoquer une diminution du pH; la fabrication de coquilles carbonatées (par exemple par les coccolithophoridés) consomme du CO32– alors que la dissolution en génère, ce qui tend aussi à faire varier le pH de l'eau de mer. La prolifération de tous ces organismes dépend de la présence de nutriments, de la température, de l'ensoleillement, mais aussi de la présence de prédateurs et de virus. Nous verrons plus bas que si l'on fait une expérience avec de l'eau de mer naturelle contenant des micro-organismes, la dissolution du CO2 atmosphérique dans l'eau de mer ne provoque pas son acidification.

Parlons aussi brièvement des courants marins. Les zones profondes des océans ont généralement un pH plus bas que la surface (ces eaux sont donc plus acides). Les courants de remontée d'eau profonde (les "upwellings"), dépendant des vents, vont donc ramener de l'eau acide vers la surface, en modifiant localement le pH de l'eau de mer; l'upwelling va aussi provoquer de nombreuses modifications dans la structure des communautés phyto- et zooplanctoniques, car ces courants d'upwelling sont riches en nutriments. En raison de tous ces facteurs biologiques (e.g., plancton) et physiques (e.g., courants marins, vents) il n'est pas étonnant de constater une grande variation saisonnière du pH en chaque point des océans. La variation annuelle de la pCO2 a par exemple été observée par des prélèvements directs au large de la côte de l'Orégon (USA).[13] Les résultats sont assez instructifs. Les variations naturelles sont énormes, avec des valeurs atteignant 150 micro-atmosphère (en juin) et des valeurs dépassant 1100 micro-atmosphère en juillet et août. Ceci signifie que l'amplitude des variations atteint 950 micro-atmosphère en seulement 1 mois. Rappelons que les émissions humaines de CO2 dans l'atmosphère sont de l'ordre de de 1 à 4 ppmv/an (ce qui correspond grossièrement à 1–4 micro-atmosphère/an). Les variations naturelles de la pCO2 océanique sont donc très grandes et il est difficile, voire impossible, de détecter l'effet de l'homme dans le cycle annuel de la pCO2 en un point de l'océan. Il est également difficile d'établir une moyenne pour la Terre entière.

• Le verdissement des océans.

Voyons maintenant l'effet du CO2 sur les micro-organismes des océans. Comment vont réagir les communautés phytoplanctoniques lorsque plus de CO2 se dissout dans l'eau? Une expérience réalisée en mésocosmes nous apporte la réponse (Riebesell et al. 2007).[14] Dans cette expérience, 9 cuves flottantes (dits "mésocosmes") contenant 27 m3 d'eau de mer naturelle ont été placées dans un fjord du sud de la Norvège. Trois cuves ont été traitées par bullage (pendant 3 jours) avec un air enrichi en CO2 de manière à obtenir de l'eau à 350 micro-atmosphère de CO2 (1 x CO2); trois cuves ont été traitées de la même façon de manière à obtenir 700 micro-atmosphère (2 x CO2) et trois autres pour obtenir 1050 micro-atmosphère (3 x CO2). Au plus la pCO2 était élevée, au plus le pH de l'eau de mer était bas. Les mésocosmes ont ensuite été recouverts de membranes imperméables aux gaz et la pCO2 de l'atmosphère au-dessus de l'eau des mésocosmes a été placée à la même valeur que celle de l'eau. La membrane recouvrant les mésocosmes était transparente et la lumière solaire pouvait donc atteindre l'eau des mésocosmes. Pour favoriser le développement du phytoplancton dans les mésocosmes, du nitrate et du phosphate ont été ajoutés à l'eau de mer. Le développement et le déclin du phytoplancton a ensuite été suivi pendant 24 jours.

Les résultats de l'expérience sont spectaculaires. On constate que la pCO2 des mésocosmes diminue en fonction du temps et que le phytoplancton prolifère avec un maximum observé après 12 jours, juste après un pic de chlorophylle a. La diminution de la pCO2 est d'autant plus rapide que la pCO2 initiale est élevée. La diminution de la pCO2 est bien entendu accompagnée d'une hausse du pH de l'eau de mer. Contrairement à de l'eau dans laquelle il n'y aurait pas d'organismes phytoplanctoniques nous voyons que l'acidité diminue au cours du temps. Il faudrait bien entendu répéter cette expérience en d'autres endroits du monde, mais nous pouvons penser que le résultat sera le même. Comme pour le verdissement observé par satellite, lorsqu'il y a plus de CO2 dans l'eau de mer les micro-organismes réagissent à cette situation et prolifèrent. Ceci consomme le CO2 venant de se dissoudre dans l'eau. A leur mort, les cellules sédimentent en provoquant un transfert de carbone vers les zones profondes des océans. Une partie de ce carbone sera enfoui dans les sédiments.

• Négation de l'évolution darwinienne

Le climat est-il "déréglé"? Il suffit d'écouter les médias pour entendre parler du "dérèglement" climatique. Comme si le climat était réglé par un grand horloger! Mais il n'en est rien, le climat a toujours évolué, comme le montrent les nombreuses études paléoclimatiques. En plus du climat, les continents se déplacent, le niveau de la mer varie, et l'intensité du Soleil varie. Le biotope change donc constamment et les organismes s'adaptent constamment au biotope. Ceci avait déjà été constaté par Lamarck et bien entendu Darwin qui en parle longuement dans son célèbre livre publié en 1859. Les organismes évoluent sans cesse et les mieux adaptés au biotope survivent, les autres disparaissent. Dire que notre milieu est stable et que le climat est réglé est simplement nier toute l'évolution biologique qui ne peut se faire que dans un milieu qui varie au cours du temps. Toutes les populations animales sont capables de s'adapter aux petites variations de température ou de concentration en CO2 que nous connaissons actuellement. Rappelons que la température peut varier de 15 à 20°C en une seule journée au même endroit, parfois même beaucoup plus... Aucun biologiste ne peut penser sérieusement que 5°C de plus ou de moins dans 100 ans serait un problème, sauf les "biologistes" qui nient la théorie de l'évolution. Les populations animales s'adapteront, par exemple leur aire de répartition variera, leur comportement variera (ils seront plus actifs aux heures moins chaudes de la journée) et de toute façons les individus les moins adaptés seront éliminés.

Certains objecteront que les changements actuels sont trop rapides. Ceci est faux. Depuis le début des mesures thermométriques directes, les 4 séries de température que nous possédons (thermomètres terrestres et satellites) nous montrent que la température globale de l'atmosphère a augmenté de 0.7°C en 137 ans (entre 1880 et 2017). Cela correspond à 0.0051°C par an, c'est-à-dire environ 1°C en 200 ans, ou 0.51°C en 100 ans. Au cours des 2000 ans passés : une étude récente de la région asiatique (Ge et al. 2017),[15] basée sur 28 indicateurs ou ‘proxies’ de température différents, montre qu'à au moins 3 reprises, les vitesses de réchauffement ont été du même ordre de grandeur et ont même dépassé la vitesse de réchauffement actuelle. En effet, pour la période récente entre 1870 et 2000, les auteurs mesurent une vitesse de 0.56°C ± 0.42°C en 100 ans. Concernant des temps plus reculés, les auteurs obtiennent les valeurs suivantes :

– Entre AD 600 et AD 710 : 0.51°C ± 0.45°C en 100 ans

– Entre AD 880 et AD 990 : 0.65°C ± 0.43°C en 100 ans

– Entre AD 1150 et AD 1250 : 0.63°C ± 0.42°C en 100 ans

Nous voyons donc que la vitesse de réchauffement actuelle n'a rien d'exceptionnel et que les grandes vitesses de réchauffement observées entre 600 et 1250 (AD) n'ont pas éliminé l'homme ni les populations animales, sinon nous en aurions entendu parler!

• Les sols : la plus grande source de CO2 de la planète

Les terres émergées émettent énormément de CO2 vers l'atmosphère, notamment suite à la décomposition de la matière organique par les bactéries et les champignons présents dans tous les sols (118.7 Gt de C par an). Les océans en émettent moins (78.4 Gt de C par an).[16] Quant à l'activité humaine, elle ne vient qu'en 3e position, avec une valeur presque 10 fois plus faible que la précédente (8.9 Gt). Si l'on considère maintenant la fixation du carbone par les plantes et les algues, nous remarquons que la productivité primaire (i.e., la GPP, valant 123 Gt ± 8 Gt par an) possède une incertitude qui est du même ordre de grandeur que celle des émissions humaines (8 Gt).

En additionnant toutes les émissions de C vers l'atmosphère (sols + océans + homme) nous obtenons 207.1 Gt, et en additionnant les fixations nous trouvons 203 Gt. Nous voyons donc qu'il existe un quasi équilibre entre émissions et fixation. Remarquons encore une fois les très grandes incertitudes (parfois de l'ordre de 8 Gt/an).

Mais revenons aux sols : l'émission de CO2 par un sol dépend bien entendu du type de sol. Voici quelques valeurs de respiration du sol (gC m–2 yr–1) issues de la publication de Raich & Schlesinger (1992)[17] :

• Toundra : 29 – 94

• Forêt boréale : 120 – 550

• Prairies/steppes : 132 – 830

• Forêt de conifères (tempérée) : 250 – 1300

• Forêts Méditerranée : 110 – 1230

• Cultures : 41 – 1495

• Déserts : 184 – 300

• Savane tropicale : 380 – 900

• Forêt sèche subtropicale : 345 – 1000

• Forêt humide tropicale : 890 – 1520

• Tourbières boréales : 7 – 180

Nous voyons qu'établir une moyenne pour la Terre entière est difficile... On peut cependant y arriver mais la marge d'erreur devient alors très grande, et même plus grande que tout le CO2 émis par l'homme en une année. Quoi que suggèrent les rapports isotopiques, est-il donc prudent dans ces conditions d'affirmer que c'est l'homme qui est responsable de l'augmentation du CO2 observé dans la biosphère?

Pour un type de sol donné, pourquoi les émissions de CO2 sont-elles si variables? La réponse est simple : de très nombreux facteurs microbiologiques et physico-chimiques interviennent. Les sols sont les environnements les plus complexes de la Terre. En effet, ils peuvent comporter un milliard de bactéries par centimètre cube, bactéries pouvant appartenir à plus de 1000 espèces différentes.[18] La plupart de ces espèces sont capables d'hétérotrophie, c'est-à-dire de dégrader la matière organique du sol en émettant du CO2. Toutes ces bactéries sont attachées à des milliards de particules organiques et minérales de nature très diverse. Voici quelques facteurs clés influençant les émissions de CO2 par un sol :

- Climat, granulométrie, texture, hygrométrie, pH, capacité d'échange cationique[19];

- Composition des communautés microbiennes;

- Présence de nutriments (N, P, Fe, etc...);

- Type de matière organique;

- Présence d’engrais, de pesticides (champs cultivés);

- Pollution (métaux);

- Biomasse des invertébrés (nématodes, etc. );

L'étude de Curiel Yuste citée ci-dessus (2007) démontre par exemple que la respiration d'un sol dépend de la saison et du type de sol considéré. Cette respiration est de l'ordre de la micromole de C m–2 s–1 (de 1 à 5 mmol C m–2 s–1). Les chercheurs ont également démontré que la respiration du sol dépend de son humidité et de sa température (expériences en microcosmes de plus de 100 j). Une autre étude (Xu et al. 2006[20] publiée par les chercheurs ayant mis au point les appareillages de mesure de CO2 des sols (appareillage Li-Cor) démontre que la respiration du sol dépend aussi de la vitesse du vent à la surface du sol! Le vent à lui seul peut doubler, voire tripler les quantités de CO2 émises. Encore une fois, pensez-vous que l'on connaisse la vitesse du vent au-dessus des milliers de type de sols différents que compte la planète? Pour compliquer le tout, cette vitesse évolue à chaque instant...

• Les ours polaires se portent bien

Au rayon des nombreuses contrevérités biologiques nous trouvons de nombreuses affirmations alarmistes à base d'ours polaire (Ursus maritimus). Selon les partisans du GIEC ils sont en grand danger face au réchauffement climatique qui serait provoqué par l'homme. Il y a bel et bien un léger réchauffement de la planète, cependant on estime que la population actuelle d’ours blancs compterait de 20 000 à 25 000 individus à l’échelle mondiale.[21] L’ours blanc n’a pas une seule petite population sauvage, son aire de répartition n’est pas restreinte et aucun déclin marqué de la population n’a été observé. N'oublions pas qu'il n'y avait plus que 5000 individus en 1945 en raison de la chasse. L'ours blanc n'est donc pas en voie d'extinction. Ceci est confirmé par une étude très récente (2016) menée par l'équipe d'un spécialiste canadien des ours polaires (Mitchell Taylor) ou il est montré que sur les 13 populations canadiennes d'ours blanc, seule une seule est en déclin.[22]

Les plus anciens fossiles d'ours polaire datent du début de la période glaciaire Würm[23] (il y a 110-130 000 ans). L'espèce n'a donc pas été éliminée par l'Optimum Climatique de l'Holocène (OCH), période ou le pôle Nord était presque dépourvu de glace en été. En effet, les ours polaires se réfugient sur les terres lorsqu'il n'y a plus de glace! En étudiant l'ADN il semblerait même que l'ours polaire soit encore plus ancien. En effet, des études proposent 1.2 millions d'années (Ma), 2–3 Ma et même 4–5 Ma (Cronin & Cronin 2015). Ceci suggère que les ours polaires ont vécu de nombreuses périodes interglaciaires dont l'Eemien, ou les températures moyennes annuelles des latitudes nordiques étaient de 4°C plus chaudes par rapport à l'interglaciaire actuel (Holocène).[24] A cette époque, certaines zones nordiques atteignaient même des températures plus élevées de 7.5°C par rapport à la température moyenne du dernier millier d'années, et ce pour la même zone.[25] Ceci nous montre que les ours polaires s'adaptent parfaitement au manque de glace, voire à son absence totale. Pour s'en convaincre il suffit d'observer les ours polaires dans les parcs zoologiques en Europe, parcs ne comportant pas de glace (par exemple le zoo de La Flèche dans le département de la Sarthe, en France), mais surtout les populations actuelles habitant l'archipel arctique canadien, zone comportant la majorité des ours polaires du Canada.[26] En effet, sur les 13 populations d'ours de cette zone, 5 vivent dans des endroits complètement dépourvus de glace à la fin de l'été.[27] N'est-ce pas la preuve ultime de la résistance des ours au manque de glace?

Les écologistes disent souvent que s'il n'y a plus de glace les ours polaires ne pourront plus se nourrir. En effet, deux espèces de phoques constituent l'essentiel du régime de l'ours blanc: Phoca hispida (le phoque annelé ou phoque marbré), d'un poids moyen de 68 kg, l'espèce la plus nombreuse en Arctique et formant sa proie principale, et Erignathus barbatus (le phoque barbu), pouvant dépasser 400 kg. Aucune de ces deux espèces de phoque ne se retrouve en l'absence de banquise, ce qui semble donc limiter l'aire de chasse de l'ours blanc. Mais l'ours blanc est opportuniste et possède de nombreuses autres proies! Et ceci, on ne vous le dit jamais... Ainsi, une autre proie commune de l'ours blanc est le morse (Odobenus rosmarus) et le béluga (Delphinapterus leucas) ainsi que des poissons. La femelle peut jeûner près de huit mois avant de mettre bas ses petits, habituellement deux oursons pesant moins de 0.9 kg.[28] Elle retourne ensuite rapidement sur la banquise pour chasser le phoque, sa nourriture favorite, ou attraper du poisson.

Pour déterminer le régime alimentaire d'un ours on peut l'endormir et prélever un échantillon de graisse au niveau de sa croupe. Chacune de ses proies possède une combinaison très spécifique d'acides gras. En les analysant on peut découvrir ce que l'ours a consommé. C'est en employant cette méthode que l'on a déterminé que le phoque annelé représente 70% de la diète des ours blancs pour la Baie Hudson.[29] Le reste de la diète sont des phoques barbus, des phoques communs (Phoca vitulina) qui évitent la glace, des phoques à selle (Pagophilus groenlandicus) ainsi que des bélugas qui migrent dans la baie lorsqu'il n'y a plus de glace. Ailleurs, les ours blancs du détroit de Lancaster consomment autant de bélugas que de phoques annelés. En automne, les bélugas se font fréquemment prendre au piège lorsque la glace se reforme rapidement; en été, de nombreux bélougas chassant le poisson dans des zones peu profondes s'échouent lorsque la marée descend. L'ours blanc peut donc facilement attraper ces bélugas. Dans le Sud de la Mer de Beaufort, les phoques annelés représentent 15 à 70% de la nourriture des ours blancs, alors que la baleine boréale (Balaena mysticetus) contribue pour 2 à 52% et les bélugas de 1 à 33%, avec des pourcentages variant grandement entre les individus.[30] Le nombre de proies de l'ours blanc est tellement varié qu'il n'est pas étonnant que l'ours blanc ait survécu tout au long de l'Holocène (approximativement les derniers 10 000 ans), période ayant comporté de nombreux moments pendant lesquels la glace avait quasi disparu comme durant l'Optimum Climatique de l'Holocène.[31] Il est donc faux de dire que l'ours blanc disparaîtra s'il n'y a plus de glace au pôle Nord.

Finalement, notons que la dramatisation par l'image est une technique bien connue des propagandistes. Le magazine "Science" a ainsi été pris la main dans le sac après avoir diffusé la photo d'un ours polaire isolé sur un morceau de glace à la dérive, faisant ainsi croire à l'urgence climatique.[32] Il s'agissait d'un montage réalisé dans Photoshop. Le magazine l'a reconnu et s'est même excusé.[33]

Montages photos avec l'ours polaire.

Malgré toutes les évidences concernant la résistance des ours polaires au manque de glace, le GIEC, les médias, les écologistes et certains scientifiques continuent leur désinformation. Un article récent publié fin novembre 2017 par des chercheurs hollandais associés à deux spécialistes des ours polaires (Steven C. Amstrup et Ian Stirling) ainsi que Michael Mann (alarmiste et père de la "courbe en crosse de hockey") semble même confirmer la vision alarmiste du GIEC.[34] Cependant, en lisant l'article, on se rend vite compte qu'il ne s'agit que de propagande. En effet, l'article ne présente aucune donnée de terrain et ne fait que faire le compte des blogs parlant des ours polaires sur internet... L'article en profite même pour dénigrer le Dr. Susan Crockford, scientifique étudiant les ours polaires et allant à contre-sens des visions alarmistes. Il s'agit en fait de l'ultime stratagème proposé par Arthur Schopenhauer dans son "Art d'avoir toujours raison" : lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute chance de gagner par la raison, il faut alors devenir blessant, insultant et malpoli. Cela consiste à passer du sujet de la dispute (que l’on a perdu), au débateur lui-même en attaquant sa personne.

• Les coraux sont-ils en danger ?

Parlons maintenant un peu des coraux, également beaucoup utilisés dans le débat concernant le réchauffement et l'augmentation du CO2 atmosphérique. En gros, il est dit que les coraux sont en danger face au réchauffement climatique rapide qui serait provoqué par l'homme émettant du CO2. Le réchauffement serait responsable du blanchiment des coraux, et lorsque les coraux blanchissent ils finissent par mourir. Comment ne pas le croire puisque les médias en parlent sans cesse ainsi que certains articles publiés dans Science.[35][36]

Notons d'abord que les coraux durs (ou Scléractiniaires) élaborent un squelette de carbonate de calcium et sont apparus au Trias moyen il y a 240 millions d'années.[37] Les premiers récifs coralliens semblables à ceux d'aujourd'hui sont apparus 25 millions d'années plus tard, au Trias supérieur, probablement suite à la formation d'une symbiose avec des algues symbiotiques.[38] Nous trouvons bien entendu des coraux durs bâtisseurs de récifs coralliens aujourd'hui. Cela ne voudrait-il pas dire que ces organismes sont particulièrement résistants aux changements globaux? En effet, le groupe n'a pas été éliminé par les nombreuses périodes de l'histoire ou il faisait plus chaud ou plus froid qu'aujourd'hui, et où la concentration en CO2 de l'atmosphère était plus grande ou plus petite qu'aujourd'hui (pour savoir quand, voir les points précédents). De nombreux organismes ont été rayés de la surface de la Terre (comme les dinosaures), mais pas les coraux durs! Le groupe a même survécu à la collision d'un astéroïde de près de 10 kilomètres de diamètre à la fin du Crétacé, astéroïde ayant éliminé 75% des espèces.[39]

Penchons-nous maintenant sur le phénomène du blanchiment des coraux durs. Les coraux peuvent en effet devenir blancs et mourir s'ils expulsent leurs algues symbiotiques. Ces algues symbiotiques sont des organismes unicellulaires appelés zooxanthelles. Les zooxanthelles réalisent la photosynthèse en utilisant la lumière solaire et le CO2 dissout dans l'eau de mer. Ce sont donc les zooxanthelles qui nourrissent les coraux durs. Tout ce dont ces coraux ont besoin c'est d'un peu de CO2 dissous, de lumière, et bien entendu de zooxanthelles. Pas étonnant qu'ils meurent si les zooxanthelles sont expulsées... du moins, c'est l'image qui est véhiculée. Ce que les médias ne disent jamais c'est qu'une ancienne théorie scientifique à propos du blanchiment des coraux vient d'être confirmée. Cette théorie explique que le blanchiment des coraux est un phénomène d'adaptation aux conditions environnementales fluctuantes. C'est la théorie du "blanchiment adaptatif", proposée dès 1993 par Buddemeier et Fautin.[40] La théorie est très simple : lors d'un stress (température inadaptée, lumière trop intense, attaque virale, attaque bactérienne, etc.), les coraux expulsent leurs zooxanthelles pour en acquérir de nouvelles, mieux adaptées au nouvel environnement. La plupart des polypes du corail meurent, mais certains survivent car ils sont capables d'acquérir de nouveaux symbiotes plus résistants. Quelques mois, voire quelques années après le blanchiment, le corail a complètement récupéré. La théorie du blanchiment adaptatif a été très récemment confirmée par une étude génétique réalisée en 2016 (voir ci-dessous). Ces études n'ont été possibles que par les progrès récents des techniques de séquençage massif de l'ADN. Les coraux durs ne peuvent donc plus être vus comme des organismes qui s'adaptent lentement par le simple processus de mutation génétique. Ils peuvent s'adapter beaucoup plus rapidement en changeant de type de zooxanthelle et s'adapter à toutes sortes de conditions environnementales.

L'étude récente qui confirme la théorie du blanchiment adaptatif est celle de Boulotte et al. 2016.[41] Cette étude démontre que certains coraux adultes s'adaptent aux températures plus élevées de l'eau de mer en expulsant leurs zooxanthelles (donc en blanchissant) et en sélectionnant de nouvelles zooxanthelles dans l'eau environnante. Il existe en effet 9 types de zooxanthelles (clades A à I) qui diffèrent par leurs caractéristiques de résistance aux conditions environnementales. Les zooxanthelles des clades C et D sont les plus résistantes à la chaleur, et ce sont ces clades qui sont sélectionnées par les coraux lorsque la température de l'eau de mer est plus élevée. Après un épisode de blanchiment, une colonie de polypes plus résistante aux températures plus élevées se formera au même endroit en quelques années, et parfois beaucoup plus rapidement. Ainsi, suite à l'épisode de blanchiment observé en 2016 et 2017 sur la Grande Barrière de Corail en Australie, blanchiment ayant affecté plus de 50% des coraux dans certaines zones, nous constatons que les coraux reviennent déjà (fin 2017) et nous y trouvons même des signes de reproduction car des oeufs sont trouvés dans le plancton.[42] Des observations très convaincantes, allant dans le sens de la théorie du blanchiment adaptatif, avaient également été publiées en 2001 par l'équipe de Robert Kinzie.[43]

Après avoir présenté la théorie du blanchiment adaptatif il faut finalement savoir que le blanchiment est une cause mineure de mortalité chez les coraux. En effet, il a été montré que les coraux durs sont bien plus affectés par les tempêtes et les attaques d'Acanthaster planci, une étoile de mer se nourrissant de coraux.[44] Une étude récente montre aussi que l'acidification de l'eau de mer n'est pas un danger pour les coraux.[45] Décidément, les alarmistes vont avoir bien du mal pour réfuter toutes ces observations...

Pour conclure, soulignons que si l'augmentation de la température ainsi que les légères variations du pH de l'eau de mer ne constituent pas des dangers pour les coraux, il n'en est pas de même de la pollution des zones côtières (par les substances chimiques mais aussi les virus et les bactéries issues des égouts), de la surpêche et des dommages engendrés par les ancres des navires, sans compter les coups de palmes des plongeurs... Et tous ces dangers peuvent bien entendu se cumuler. Pour protéger les coraux cela ne sert donc à rien d'émettre moins de CO2. Dire l'inverse est une contrevérité. Par contre, oui, luttons contre la surpêche et la pollution!

• Les espèces disparaissent-elles à cause du réchauffement?

Pour finir, nous entendons souvent que les espèces animales et végétales disparaissent à une vitesse sans précédent. Ceci semble confirmé par ce que nous voyons dans les médias, mais également par notre propre expérience personnelle. Par exemple, si vous aviez l'habitude d'aller en vacances en méditerranée et plonger pour voir les poissons, vous avez peut-être constaté qu'il y a beaucoup moins de poissons dans certaines zones par rapport au passé proche (10-15 ans). Mais attention, il s'agit des zones fréquentées par les plongeurs... N'aurions-nous pas une vision biaisée des choses? De même, face aux égouts arrivant en mer, il semble évident qu'il devrait y avoir moins de poissons à ce niveau... Mais que nous disent les études scientifiques?

Dans une étude publiée dans Science en 2014,[46] les données d'une centaine de suivis temporels réalisés dans divers écosystèmes de la planète ont été analysées. La plupart de ces suivis temporels concernent des mesures de richesse spécifique (également appelée diversité alpha) effectuées entre 1960 et aujourd'hui. Ces mesures ont été réalisées dans tous les types d'écosystèmes (marin, forestier, etc.). Ces suivis couvrent la planète entière, du Pôle Nord au Pôle Sud. Dans l'introduction de l'article, les auteurs mentionnent qu'avant de réaliser l'étude ils s'attendaient à trouver des valeurs décroissantes pour tous les écosystèmes avec des nombres d'espèces plus élevés pour les périodes passées. En effet, l'homme est bien connu pour ses effets néfastes sur les écosystèmes, non? Et puis, il y a le fameux réchauffement...

Contrairement aux attentes des chercheurs, la tendance globale dans les valeurs de diversité spécifique est une droite parfaitement horizontale entre 1960 et aujourd'hui ! Ceci signifie que globalement, le nombre d'espèces a été maintenu dans tous les écosystèmes depuis plus de 50 ans... Etonnant, n'est-ce pas? Il y a bien entendu des écosystèmes ou la diversité spécifique a chuté, et il y a évidemment les quelques 700 espèces qui ont complètement disparu depuis les derniers 500 ans (essentiellement à cause de la chasse et de la destruction des écosystèmes),[47] mais tout ceci est corrigé par les écosystèmes ou la diversité alpha augmenté. Et oui, il existe des endroits sur Terre ou la diversité augmente, et globalement la diversité spécifique est maintenue!

Les chercheurs ont même été plus loin et ont mesuré la diversité bêta. Il s'agit d'une mesure utilisée pour détecter les variations au cours du temps dans les assemblages d'espèces (en effet, deux écosystèmes peuvent paraître identiques s'ils comportent chacun 10 espèces, mais ces espèces peuvent être complètement différentes : par exemple nous aurions 10 espèces de poissons dans l'écosystème A et 10 espèces de méduses dans l'écosystème B). En analysant la diversité bêta, les auteurs démontrent que les écosystèmes tendent à garder le même nombre d'espèces total au cours du temps, mais que les types d'espèces changent légèrement. En d'autres termes, nous voyons clairement que les écosystèmes s'adaptent sans cesse. Les auteurs notent également que les services offerts par ces écosystèmes peuvent également changer. Par exemple, un récif corallien comportant 10 espèces de coraux pourra être remplacé par 10 espèces d'algues. La diversité alpha est inchangée, le service offert en termes de photosynthèse sera probablement plus grand, mais pas en termes de tourisme. Les plongeurs préfèrent en effet voir des coraux que des algues...

En conclusion, dire que les espèces disparaissent au niveau global à cause du réchauffement est faux. Ce n'est vrai qu'au niveau local, et dans ce cas de multiples causes peuvent être évoquées. En effet, de très nombreux facteurs jouent en même temps : température bien évidemment, mais aussi pollution, nutriments, lumière, prédateurs, virus, chasse, etc. Par exemple, il semblerait qu'une température plus élevée de l'eau de mer puisse causer la migration de certains poissons vers d'autres endroits.[48] Les pêcheurs locaux ne sont alors pas contents, c'est évident. Mais les poissons changent simplement leur aire de répartition. Les écosystèmes nous montrent donc qu'ils s'adaptent à chaque chaque fois. Actuellement, ils doivent s'adapter à une planète avec 7 milliards d'humains et une température globale de 0.7°C plus élevée qu'en 1880. Les écosystèmes le feront. Oui, nous vivons dans un environnement qui n'est pas stable et qui ne l'a jamais été. Il n'y a qu'au paradis des écologistes alarmistes que l'environnement est éternellement stable!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Footnotes

  1. ^ Prof. Dr. Paul Berth est professeur d'université, dans le domaine de la biologie.
  2. ^ Beer et al. (2010) Terrestrial gross carbon dioxide uptake: global distribution and covariation with climate. Science 329:834–838.
  3. ^ Climate Change 2013: The Physical Science Basis. IPCC Working Group I Contribution to AR5. 
  4. ^ tep, tonne équivalent pétrole. 
  5. ^ Berner RA, Kothavala Z (2001) GEOCARB III: a revised model of atmospheric CO2 over Phanerozoic time. Amercican Journal of Science 301:182–204. 
  6. ^ Beck (2007) 180 years of atmospheric CO2 gas analysis by chemical methods. Energy & Environment 18:259–282. 
  7. ^ Jaworowski, Z. (2007) 21st CENTURY Science & Technology, Spring/Summer, 14–28.
  8. ^ Permentier K, Vercammen S, Soetaert S, Schellemans C (2017) Carbon dioxide poisoning: a literature review of an often forgotten cause of intoxication in the emergency department. International Journal of Emergency Medicine 10:14. 
  9. ^ Zhu Z. et al. 2016. Greening of the Earth and its drivers. Nature Climate Change 6, 791–795. 
  10. ^ Porter H (1993) Interspecific variation in the growth response of plants to an elevatedambient CO2 concentration. Vegetatio 104/105:77–97. 
  11. ^ Cunniff, J., Jones, G., Charles, M. and Osborne, C. 2017. Yield responses of wild C3 and C4 crop progenitors to subambient CO2: a test for the role of CO2 limitation in the origin of agriculture. Global Change Biology 23:380-393. 
  12. ^ Caldeira, K. & Wickett, M. E. Anthropogenic carbon and ocean pH. Nature 425, 365 (2003).
  13. ^ Evans W, Hales B, Strutton PG (2011) Seasonal cycle of surface ocean pCO2 on the Oregon shelf. J Geophys Res 116, C05012. 
  14. ^ Riebesell U, et al. (2007) Enhanced biological carbon consumption in a high CO2 ocean. Nature 450:545–548. 
  15. ^ Ge Q. et al. (2017). Characteristics of Temperature Change in China over the Last 2000 years and Spatial Patterns of Dryness/Wetness during Cold and Warm Periods. Advances in Atmospheric Sciences 34:941–951. 
  16. ^ Climate Change 2013: The Physical Science Basis. IPCC Working Group I Contribution to AR5. 
  17. ^ Raich JW, Schlesinger WH (1992) The global carbon dioxide flux in soil respiration and its relationship to vegetation and climate. Tellus 44B, 81–99. 
  18. ^ Tringe SG, von Mering C, Kobayashi A, Salamov AA, Chen K, Chang HW, Podar M, Short JM, Mathur EJ, Detter JC, Bork P, Hugenholtz P, Rubin EM. (2005) Comparative metagenomics of microbial communities. Science. 308(5721):554-7.
  19. ^ Curiel Yuste J, Baldocchi DD, Gershenson A, Goldstein A, Misson L, Wong S (2007) Global Change Biology 13:1–18. 
  20. ^ Liukang Xu*, Michael D. Furtaw, Rodney A. Madsen, Richard L. Garcia, Daniel J. Anderson, Dayle K. McDermitt. On Maintaining Pressure Equilibrium Between a Soil CO2 Flux Chamber and the Ambient Air. LI-COR Biosciences 4421 Superior Street, Lincoln, NE 68504, USA. 
  21. ^ Environnement Canada : https://www.ec.gc.ca
  22. ^ York Y, Dowsley M, Cornwell A, Kuc M, Taylor M (2016) Demographic and traditional knowledge perspectives on the current status of Canadian polar bear subpopulations. Ecology and Evolution 6:2897–2924.
  23. ^ Cronin TM, Cronin MA (2015) Biological response to climate change in the Arctic ocean: the view from the past. Arktos 1:4  doi 10.1007/s41063-015-0019-3. 
  24. ^ Müller, UC (2009) Eemian (Sangamonian) Interglacial. Pp. 302–307. Encyclopedia of Paleoclimatology and Ancient Environments. Springer, Netherlands. 
  25. ^ Dahl-Jensen, D., M. R. Albert, A. Aldahan, N. Azuma, D. Balslev-Clausen, M. Baumgartner, et al. (2013) Eemian interglacial reconstructed from a Greenland folded ice core. Nature 493:489–494. 
  26. ^ Obbard, M. E., G. W. Thiemann, E. Peacock, and T. D. DeBruyn. (2010) Polar Bears: Proceedings of the 15th Working Meeting of the IUCN/SSC Polar Bear Specialist Group, 29 June-3 July 2009, Copenhagen, Denmark, vii +235 pp. 
  27. ^ Lunn, N. J., S. Schliebe, and E. W. Born. (2002) Proceedings of the 13th Working Meeting of the IUCN/SSC Polar Bear Specialist Group, 23–28 June 2001, Nuuk, Greenland, vii +155 pp.; Aars, J., N. J. Lunn, and A. E. Derocher (2006) Polar Bears: Proceedings of the 14th Working Meeting of the IUCN/SSC Polar Bear Specialist Group, 20–24 June 2005, Seattle, Washington, USA, v + 191 pp.; Obbard et al. 2010 (op cit). 
  28. ^ Rosing, Norbert (1996). The World of the Polar Bear. Willowdale, ON: Firefly Books Ltd.
  29. ^ Steele J (2013) Landscapes & Cycles. 331 pp. 
  30. ^ Thiemann et al. (2011) Oikos 120: 1469–1478; Thiemann et al. (2008) Ecol Monogr 78:591–613; Cherry et al. (2011) J Appl Ecol 48:373–381; Bentzen et al. (2007) Can J Zool 85:596–608.
  31. ^ Ovsyanikov & Menyushina (2008) Marine Mammals of the Holarctic. Odessa, pp. 407–412. 
  32. ^ Marko I et al. (2013) Climat: 15 vérités qui dérangent. Texquis, Bruxelles, Belgique. 270 pp. 
  33. ^ http://science.sciencemag.org/content/suppl/2010/05/09/328.5979.689.DC2 
  34. ^ Harvey JA et al. (2017) Internet Blogs, Polar Bears, and Climate-Change Denial by Proxy. BioScience, bix133, https://doi.org/10.1093/biosci/bix133.
  35. ^ Hoegh-Guldberg O, Mumby PJ, Hooten AJ, Steneck RS, Greenfield P, Gomez E et al. (2007). Coral reefs under rapid climate change and ocean acidification. Science 318: 1737–1742. 
  36. ^ Pandolfi et al. (2003) Global trajectories of the long-term decline of coral reef ecosystems. Science 301:955–958. 
  37. ^ Stanley, G.D (2003) The evolution of modern corals and their early history. Earth-Science Rev. 60, 195–225. 
  38. ^ Stanley, G.D (1981) Early history of scleractinian corals and its geological consequences. Geology 9:507. 
  39. ^ Bottke WF, Vokrouhlicky D, Nesvorny D (2007) An asteroid breakup 160 Myr ago as the probable source of the K/T impactor. Nature 449:23–25. 
  40. ^ Buddemeier RW, Fautin DG (1993) Coral Bleaching as an adaptive mechanism: a testable hypothesis. BioScience 43:320–326. 
  41. ^ Boulotte NM, Dalton SJ, Carroll AG, Harrison PL, Putnam HM, Peplow LM, van Oppen MJH (2016) Exploring the Symbiodinium rare biosphere provides evidence for symbiont switching in reef-building corals. ISME J 10:2693–2701. 
  42. ^ http://www.abc.net.au/news/2017-09-29/coral-regeneration-raises-hopes-for-great-barrier-reef-recovery/9001518. 
  43. ^ Kinzie, R. A., Takayama, M., Santos, S. R. & Coffroth, M. A. (2001) The adaptive bleaching hypothesis: experimental tests of critical assumptions. Biol Bull Mar Biol Lab Woods Hole 200:51–58. 
  44. ^ Osborne K, Dolman AM, Burgess SC, Johns KA (2011) Disturbance and the Dynamics of Coral Cover on the Great Barrier Reef (1995–2009). PLoS One 6(3): e17516. 
  45. ^ McCulloch MT, D'Olivo JP, Falter J, Holcomb M, Trotter JA (2017) Coral calcification in a changing World and the interactive dynamics of pH and DIC upregulation. Nature Communications 8:15686. 
  46. ^ Dornelas M, Gotelli NJ, McGill B, Shimadzu H, Moyes F, Sievers C, Magurran AE (2014) Assemblage time series reveal biodiversity change but not systematic loss. Science 344:296–299. 
  47. ^ www.iucnredlist.org 
  48. ^ Auth TD, Daly EA, Brodeur RD, Fisher JL (2017) Phenological and distributional shifts in ichthyoplankton associated with recent warming in the northeast Pacific Ocean Global Change Biology 2017:1–14. 
A propos de l’auteur Paul Berth Professeur d'université, dans le domaine de la biologie. Citer comme P. Berth, "Les contre-vérités biologiques", Arguments — Revue européenne de science, vol. 3, n°1, hiver 2018, http://revue-arguments.com/articles/index.php?id=91.