Le fantasme libéral de Monsieur Michéa

Abstract. Situer le libéralisme dans la filiation de l'absolutisme hobbésien est un contre-sens, dont procède la critique de Jean-Claude Michéa.

Absolute arbitrary power, or governing without settled standing laws, can neither of them consist with the ends of society and government, which men would not quit the freedom of the state of nature for.
John Locke, Second traité du gouvernement civil (1690), §137.

Dans son intéressant essai "L'empire du moindre mal — essai sur la civilisation libérale" (Climats, 2007, puis Flammarion 2010, cette dernière édition citée dans la suite du texte), Monsieur Jean-Claude Michéa explique que le libéralisme politique et le libéralisme économique ne sont que les deux faces d'une même idée, le libéralisme philosophique.

Archétypique de la modernité, le projet philosophique libéral s'entend en ce sens comme volonté de remédier aux guerres civiles et idéologiques du passé. On songe immédiatement au Léviathan, que publiait Thomas Hobbes en 1651, dont l'idée directrice est en effet de soustraire les individus à la guerre de chacun contre tous. Constatant l'état lamentable dans lequel les laisse la guerre permanente qui caractérise l'état de nature, les individus passent entre eux un pacte par lequel ils s'entendent à confier le pouvoir de les gouverner à un Souverain. Lequel reste en dehors du pacte, et conserve de ce fait la plénitude de son pouvoir.

De cette volonté d'échapper à la guerre de tous contre tous, procèdent tout à la fois le marché — ou libéralisme économique — comme guerre de substitution et le libéralisme politique, que M. Michéa définit comme désinvestissement de la question de la vie bonne par l'Etat, au profit des individus. Dit autrement, il s'agit pour les libéraux politiques que l'Etat s'abstienne de donner sa prédilection à telle ou telle conception de la vie bonne, pour laisser chacun en décider pour ce qui le concerne. Cette prédilection officielle est, en effet, ce qui a provoqué les guerres civiles idéologiques auxquelles la Modernité prétendait échapper.

Léviathan dans le tableau "Le jugement dernier" (vo:Giudizio Universale), détail; peint par Giacomo Rossignolo (1524-1604) - Madonna dei Boschi, Boves (CN), Italie (Wikimedia Commons)

La combinaison, à la fois conceptuelle et réelle, du libéralisme économique et du libéralisme politique achoppe toutefois, selon M. Michéa, sur des apories, ou contradictions internes. Ayant choisi de ne pas discriminer entre les conceptions concurrentes de la vie bonne, l'Etat se trouve bientôt démuni face aux revendications de non-discrimination. Comment refuser la consécration, par la loi, de la non-discrimination de telle ou telle catégorie sociale, ethnique, culturelle ou d'une nature quelconque, dès lors que le fondement même de l'Etat libéral réside dans son refus de discriminer au profit d'une conception particulière de la vie bonne ? Ainsi le gouvernement libéral se trouve-t-il progressivement amené à ratifier toutes et chacune des conceptions possibles de la vie en société, sans hiérarchie ni exclusive. Une réalité dont semble attester la lecture des journaux et le suivi de l'actualité politique et juridique.

Plus fondamentalement, s'étant retranché du débat sur le sens, l'Etat libéral institue de fait les individus en monades, qui ne peuvent trouver un sens à leur existence que de façon isolée. Dans cette atomisation de la question du sens réside, selon M. Michéa, l'une des clefs de la congruence des versions économique et politique du libéralisme. Privés de tout référent collectif, les individus en viennent spontanément à puiser le sens de leur existence dans la seule structure collective subsistante : le marché. C'est par le marché, structure technique donc étrangère au sens, mais structure néanmoins, que l'individu, cet échoué du grand projet moderne, va tenter de redonner un sens à son existence. La perversion intrinsèque au projet libéral — du vide politique au plein économique — est ce qui explique, selon M. Michéa, les aberrations des sociétés contemporaines. Cela est d'autant plus vrai que le marché, non seulement s'accommode, mais bénéficie de la réduction de l'individu à son statut de consommateur. Ainsi la boucle logique et conceptuelle est-elle bouclée, et nos sociétés lancées dans un processus d'essoration qui ne peut, à terme, que détruire le système social et recréer cette guerre de tous contre tous dont il s'était pourtant agi de sortir.

De cette dynamique, M. Michéa donne de nombreux exemples, comme celui du racisme : de quel droit s'interdirait-on de mettre en œuvre des politiques racistes, dès lors que de telles politiques sont nécessaires pour remédier à des discriminations concrètes ? C'est la définition des politiques dites, aux Etats-Unis, d'affirmative action, ou discrimination positive. Comment nier, avec M. Michéa, que de telles mesures ne peuvent en effet, à terme, que dissoudre le lien social ? Autre exemple : l'inflation législative. C'est parce que la société ne trouve plus de lien en elle-même que l'Etat est amené à légiférer de façon toujours plus abondante, saturant tous les compartiments de l'activité humaine. C'est parce qu'il se condamne à refuser toute discrimination que l'Etat est conduit à reprendre à son compte le projet égalitariste consistant à refuser toute forme d'exclusion, matérielle ou autre. C'est parce que la délinquance est profitable économiquement[1] que notre culture a produit une "industrie de l'excuse", qui en romantise les causes et les effets. C'est parce qu'il s'est coupé de la question du sens que l'Etat ne peut qu'acquiescer aux projets dit transhumanistes qui, augmentant la vie humaine, affectent progressivement la définition même de notre humanité — jusqu'à l'abolir ? C'est parce que le sens lui est refusé que la monade individuelle est livrée aux forces du marché, à la représentation d'elle-même par et au sein de ses structures — songeons aux réseaux sociaux.

M. Michéa n'ignore pas que la gauche, certainement l'extrême gauche, se définissent souvent comme anti-libérales. Mais il ne s'agit que d'une illusion. Par leur libéralisme politique de fait, ces élites de gauche en viennent toujours, au final, à avaliser les comportement égoïstes qui définissent le marché; lequel, à son tour, renforce la logique atomistique qui préside au libéralisme politique, etc. Plus culturel que le libéralisme économique de la droite, le libéralisme de la gauche ne s'en inscrit pas moins pleinement dans le cadre défini par l'anthropologie libérale.

En somme, M. Michéa prétend mettre à jour la vérité de la Modernité, une vérite qui transcende les illusions et postures de ses acteurs (car il se trouverait probablement aussi peu de libéraux revendiqués que de tenants de la gauche radicale pour avaliser les conséquences que M. Michéa assigne au libéralisme philosophique).

Le style est brillant, original, et les sources de M. Michéa sont généreuses. Souvent M. Michéa manie l'ironie avec bonheur, par exemple lorsqu'il se rit — à bon droit — des tentatives libertariennes de réduire la chimie du couple à des calculs économiques.[2] On se laisserait volontiers emporter par le souffle d'une démonstration maîtrisée, dont l'allégresse n'est pas sans évoquer cet autre critique du libéralisme qu'était Carl Schmitt. Pour se hisser au niveau du juriste et philosophe allemand, il n'aura manqué à M. Michéa que de la rigueur, et la lecture sérieuse des auteurs libéraux, tel Friedrich Hayek.

Notons d'emblée l'existence de réalités dont M. Michéa ne rend jamais compte : l'impôt, la fonction publique, la dépense publique. On conçoit sans peine que ranger sous le même vocable de libéral l'Etat conceptualisé par Frédéric Bastiat et tant d'auteurs libéraux — zéro impôt ou impôt faible, pas ou peu de fonction publique — et la France contemporaine, qui compte six millions de fonctionnaires, taxe le travail comme aucun autre Etat de l'OCDE, et dépense une part de la richesse nationale chaque année plus importante (près de 60%), soit une gageure. Toutefois, comment prétendre rendre compte du monde en taisant d'aussi massives réalités, que tous les auteurs qui se revendiquent du libéralisme inscrivent au cœur de leur critique de la France contemporaine ? Quand M. Michéa s'étonne que l'Ecole publique n'ait pas encore été, dans la logique libérale, entièrement privatisée, on songe distraitement au fait que les savoirs estampillés par l'Etat y sont aujourd'hui transmis par plus d'un millions de fonctionnaires[3] et que l'Education nationale n'a jamais été si parfaitement étatisée dans l'histoire de France.

Surtout, la thèse de M. Michéa est irréfutable au sens poppérien. De la matrice contradictoire du libéralisme selon M. Michéa, peut suivre à peu près n'importe quelle conséquence. Dit autrement : n'importe quel aspect de nos réalités contemporaines peut être rapporté à cette matrice, en cela qu'elle est elle-même striée de contradictions. Pas assez de loi (auto-régulation) ? Libéralisme ! Trop de lois ? Libéralisme ! Refus de discriminer entre des valeurs divergentes ? Libéralisme ! Discriminations racialistes et autres au nom du refus de la discrimination ? Libéralisme ! Trop de liberté (anomique, monadologique) ? Libéralisme ! Pas assez de liberté (envahissement normatif) ? Libéralisme ! etc. Il n'est pas jusqu'au positivisme juridique, à la French theory — dont est née la théorie du genre — et Pierre Bourdieu que M. Michéa ne se risque à assigner à la matrice décidément féconde de son libéralisme. Marx lui-même était prisonnier de l'anthropologie libérale, car il n'avait pas su rompre avec "le mythe moderne de la Croissance"...

La thèse de M. Michéa est aussi fausse dans les détails, qu'elle est irréfutable dans sa globalité. Nous allons dire quelques mots de sa définition de la modernité, du libéralisme politique, du rôle des coutumes et du concept michéen de non-discrimination.

Commençons par le critère anatomique que M. Michéa assigne au projet moderne, qui serait d'échapper à la guerre civile. Comment ne pas s'étonner d'un tel diagnostic ? Que le projet de Hobbes comme de John Locke ait été de définir les meilleures conditions de la sortie de l'état de nature, et que ce projet se soit nourri des horreurs des guerres de religion, est sans conteste. Mais que ce projet soit spécifique à la modernité au point de la définir, c'est cela qui est contestable. Thucydide n'a-t-il pas montré que les premiers actes de la guerre du Péloponnèse se trament en guerres civiles (Corcyre !) ? Ces guerres civiles, qui opposaient les tenants de la monarchie, de l'aristocratie et de la démocratie, n'étaient-elles pas idéologiques au sens qu'entend M. Michéa ? Les philosophies politiques de Platon et d'Aristote ne sont-elles pas tout intégralement structurées par la volonté d'échapper à l'arbitraire, dont les guerres civiles qui sèment le Ve siècle avaient signalé le paroxysme ? N'est-ce pas le régime athénien des Trente qui, à la conclusion de la guerre du Péloponnèse, était tenu par l'intégralité de la philosophie grecque comme le type même de la guerre civile à proscrire par tous les moyens institutionnels et de droit ? N'est-ce pas cet objectif que poursuivaient les réformes constitutionnelles, et même constitutionnalistes, mises en œuvre à Athènes, à la charnière des V et IVe siècle aCn, sous l'archontat d'Euclide ? Singulière spécificité que M. Michéa prétend assigner à la modernité !

Sur ce point, l'erreur de Michéa tient à sa volonté de réduire la généalogie libérale moderne à la figure de Thomas Hobbes. Que la réflexion de Hobbes sur l'Etat et le droit s'enracine dans l'horreur de son auteur pour la guerre civile, et la volonté d'en préserver à tout prix — fût-ce celui de la liberté — les populations, est certain. Il reste toutefois à démontrer que la Modernité se réduit à Hobbes, et que le libéralisme trouve dans le Léviathan sa source moderne. Or, la réponse à ces deux interrogations ne peut qu'être négative. Dans le Second traité du gouvernement civil, John Locke s'assigne pour tâche de penser un système qui préserve les individus de l'arbitraire — de tout arbitraire, y compris celui du gouvernement. La grande affaire de Locke, ce n'est pas la paix à tout prix : c'est la liberté. Sachant que l'homme se trouve plus démuni encore face à l'arbitraire de la multitude incarnée par le gouvernement, que face à l'arbitraire qui caractérise l'état de nature, Locke affirme la nécessité d'instituer le règne du droit, c'est-à-dire un gouvernement par la loi, et non par des ordres concrets et arbitraires. Locke soutient en effet que l'homme est investi de droits naturels, dont aucun gouvernement ne devrait tenter de le priver. Ce souci de la liberté, à la fois moral, juridique et institutionnel, est celui qui définit la tradition libérale, depuis Aristote — qui déjà conceptualisait le gouvernement par le droit opposé à la férule arbitraire — jusqu'à Friedrich Hayek, pour citer la dernière grande figure du libéralisme philosophique au XXe siècle.[4]

Empruntant à Kant, M. Michéa définit le libéralisme politique comme prétention à définir un droit permettant la coexistence de démons, ce qui lui paraît une contradiction dans les termes. Toutefois, cette prétention n'a rien de spécifiquement libéral. Si nous étions des anges, nous n'aurions besoin ni de droit, ni d'Etat. C'est parce que l'homme est une créature imparfaite, capable de pécher, d'endreindre des règles — qu'il y ait ou non consenti — de tuer et de voler, etc., que se pose la question politique. Cette prétention à arraisonner des créatures imparfaites par le droit ne définit aucunement le libéralisme de façon spécifique, elle définit le politique en tant que tel. Elle est la question politique. Sa spécificité, le libéralisme politique la trouve dans l'égalité des droits politiques — la liberté positive d'Isaiah Berlin — qui définit la démocratie, et dans l'articulation, toujours problématique, de cette liberté positive à la liberté négative, par le truchement de la séparation des pouvoirs et l'égalité devant la loi.

Considèrer que la neutralité de l’Etat précipite nécessairement les individus dans l’anomie, c’est-à-dire l’obligation de réinventer le sens à l’échelon individuel, les livrant de fait aux puissances du marché, n'est pas exact. De l’absence d’une religion (idéologie) d’Etat, on ne peut conclure à la neutralisation sociale de la religion, ni de l’idéologie. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la puissance des religions dans la société américaine, pourtant dotée d’une Constitution libérale par excellence. Prêter à la tradition libérale, comme le fait M. Michéa, une hostilité ontologique à l’égard de toute coutume ou structure collective, oblige à faire l’impasse sur la filiation libérale qui va de David Hume à Friedrich Hayek. Quand M. Michéa vante les mérites de la common decency, qu’il offre comme alternative à sa vision fantasmatique du libéralisme, comment ne pas voir la similarité, souvent l’identité, avec ces structures sociales collectives — telle le sens du fair play — qui sont à l’essence du libéralisme hayékien ? La proposition selon laquelle la neutralité de l’Etat condamne les individus à l’anomie n’est pas sérieuse.

Le déclencheur, selon M. Michéa, de l'infernale mécanique contradictoire du libéralisme, dont la déliquescence des sociétés contemporaines n'est qu'une figure, réside dans la catégorie de non-discrimination. Le concept juridique libéral de non-discrimination, qui s'enracine dans le refus philosophique de consacrer telle conception de la vie bonne aux dépens de toutes les autres, conduit inexorablement, selon M. Michéa, à refuser toute discrimination et à lutter, par le moyen du droit, contre toutes les formes d'exclusion. Ainsi la revendication libérale de non-discrimination conduit-elle nécessairement au sacre de l'égalisation matérielle des conditions, qui est la marque de la gauche contemporaine; une conséquence qu'elle comprend ab initio, de façon analytique.

Toutefois, cette inclusion conceptuelle ne se réalise qu'au prix d'un appauvrissement de son objet. En effet, dans l'histoire des idées comme dans la tradition libérale, conceptuellement la non-discrimination — ou égalité — comporte deux définitions : l'égalité dans et devant la loi, et l'égalité matérielle. Non seulement ces deux réalités sont irréductibles l'une à l'autre, encore sont-elles contradictoires, en cela qu'on ne peut atteindre à l'égalité matérielle que par des mesures arbitraires, et que l'égalité devant la loi doit nécessairement s'accommoder d'une répartition inégale des richesses. Ce sont là deux objectifs, ou programmes, dont l'un définit le marxisme et l'autre le libéralisme politique, que tout oppose. Dit autrement, la non-discrimination, ou égalité, juridique, et l'égalité matérielle, ne sont pas deux aspects d'une même réalité, fût-elle anthropologique; il s'agit de deux réalités distinctes et inconciliables.

Que l'égalitarisme matériel soit antithétique de l'égalité en droit — autre nom de la non-discrimination juridique — c'est ce qu'un bref coup d'œil sur la tradition libérale suffit à indiquer. Ainsi Friedrich Hayek n'eut-il de cesse de montrer, de Road to Serfdom à Law, Legislation & Liberty, en passant par la Constitution de la liberté, que, pour égaliser les conditions matérielles, un gouvernement est nécessairement amené à intervenir de façon autoritaire et arbitraire dans la vie économique, des citoyens en général, soit la négation même de la Rule of law ou égalité en droit.

Soutenir par conséquent, comme le fait M. Michéa, que le concept libéral de non-discrimination, mène inéluctablement de l'égalité en droit à l'égalisation autoritaire des conditions d'existence — à cette extrême gauche qui serait libérale sans le savoir — est un contre-sens.

Structurellement irréfutable, fausse dans ses composantes — les définitions de la modernité et du libéralisme politique — négligeant les réalités fiscales et étatiques, la thèse de M. Michéa n'est pas étrangère à la fortune du "modèle libéral-libertaire" qui embarrasse la philosophie française.

Je remercie MM. Henri Lepage, Corentin de Salle & Grégoire Canlorbe pour leurs commentaires sur une première version de ce texte.

Footnotes

  1. ^ Michéa a lu Bastiat; sur ce point, regrettons qu'il ne l'ait pas mieux compris.
  2. ^ Chapelle libérale, le libertarianisme est une pensée aprioriste à tendance anarchiste (M. Rothbard, H.-H. Hoppe), cfr. notre "The Anarcho-Libertarian Utopia — A Critique", ORDO: Jahrbuch für die Ordnung von Wirtschaft und Gesellschaft, Vol. 56, 2005, pp. 123-139. Réduire le libéralisme au libertarianisme revient à réduire le socialisme à la pensée de Michel Bakounine.
  3. ^  Ministère de l'Education nationale, "L'éducation nationale en chiffres" — Année scolaire 2014-2015.
  4. ^ Juriste, économiste et philosophe, Friedrich Hayek offre une figure de pensée libérale complète, type de ce libéralisme transversal qui est la cible de M. Michéa. Quel dommage que celui-ci n’ait pas jugé utile de s’y arrêter. Il est vrai qu’assigner l'absolutisme positiviste hobbésien à la source de la pensée libérale moderne n’était pas la meilleure entrée en matière. 
A propos de l’auteur Drieu Godefridi Philosophiae Doctor (Sorbonne), juriste (universités de Louvain & Bruxelles) — Article à citer comme: Drieu Godefridi, "Le fantasme libéral de Monsieur Michéa", Arguments — Revue européenne de science, vol. 1, n°2, hiver 2016, http://revue-arguments.com/articles/index.php?id=7.